Ce mardi 31 mai 2011, nous passons la journée en mer. C’est très bien : les pèlerins vont pouvoir un peu se reposer après quatre jours particulièrement denses.
C’est moins bien pour moi. Comment vais-je pouvoir envoyer le journal de bord ? En effet, le Princess Danae vogue sur les eaux internationales et il n’y a aucune côte en vue et donc aucun réseau local sur lequel se connecter pour accéder à Internet.
Reste donc la solution de se brancher sur le réseau sans fil du bateau. Les passagers peuvent acheter une carte avec laquelle ils bénéficient d’un crédit d’heure – enfin de minutes, 50 minutes en l’occurrence – un mot de passe et un identifiant.
Et ensuite, vogue la galère pour moi, car je ne parviens pas à me brancher sur le Wifi. Je demande l’aide d’une hôtesse d’accueil. De fil en aiguille, je monte dans l’échelon de l’équipage – et je passe du 6e pont au 3e par la même occasion – pour trouver la personne capable de détecter le problème. Personne ne trouve.
Il reste le pro du paquebot, à savoir Boris, le « radio officer », le chargé des transmissions. Je bredouille en anglais que je ne parviens pas à me connecter sur le Web. Très calme, Boris jette un coup d’œil sur l’ordinateur.
Je vous le jure, il ne lui a pas fallu cinq secondes pour me dire « You’re log out. » (Vous êtes débranchée). « Yes, I know ! » (Oui, je sais). Il ze répète : « You’re log out » en me pointant un voyant rouge au-dessus du clavier d’ordinateur.
Et là, je vous jure, si j’avais pu me cacher quelque part… La honte de ma vie. Boris active l’icône correspondant au réseau Wifi avant de me jetter un regard moqueur.
Pas de commentaire. Boris n’est pas un bavard. Il se lève et calmement va rejoindre les officiers sur le pont supérieur du Princess Danae. Ma réputation est faite : « Je suis une idiote, un peu fofolle. »
P.S. : Bien sûr, il n’est pas question d’immortaliser cet épisode avec une photo !
Estelle Couvercelle